À l’aube du présent millénaire, la révolution numérique au Québec était bien amorcée. Le Web avait déjà dix ans. La technologie mobile était sur le point de connaître sa troisième génération. Les nouvelles technologies prenaient de plus en plus place dans notre quotidien, notamment dans les secteurs de l’éducation et de l’emploi. De nombreuses entreprises, institutions, organisations et individus exploraient comment tirer profit de cette révolution.
Toutefois, les personnes ayant des limitations fonctionnelles bénéficiaient peu de ces innovations et la situation était particulièrement inquiétante en matière de technologies Web. Les enjeux entourant l’accessibilité des technologies de l’information et des communications étaient très peu connus de l’ensemble des acteurs et il était très difficile d’obtenir un portait fiable de la situation.
Afin de mettre en lumière les enjeux en matière d’accès aux technologies, le Comité d’adaptation de la main-d’œuvre pour personnes handicapées tenait le colloque « Pour une technologie branchée sur la diversité » en octobre 2000. Une occasion sur deux jours pour les organisations québécoises du milieu et divers autres acteurs d’explorer ensemble les développements dans ce secteur, de discuter des principaux enjeux, de découvrir les initiatives mises sur pied ailleurs dans le monde et d’échanger sur des actions possibles ici pour répondre aux besoins.
Au cours des échanges, une proposition a été apportée et reprise tout au long des discussions, soit de mettre en place un centre de ressources et d’expertise en matière d’inclusion numérique des personnes ayant des limitations fonctionnelles. Dans cette optique, on identifiait le besoin de mobiliser toutes les associations regroupant les usagers, les chercheurs, les entreprises afin que tous puissent s’asseoir à une même table et ainsi éviter des recherches isolées, des dédoublements et les pertes d’énergie qui en découle. De plus, on identifiait un besoin de créer un lieu de connaissances où des services de formation, d’information, de partenariat, etc., seraient disponibles et où l’on soutiendrait les échanges et les discussions entre acteurs.
Au cours des années, cette idée a cheminé et en 2007 et 2009, Communautique organisait trois Forums Ouverts lors desquels se tenaient des ateliers de discussions sur l’accessibilité des technologies pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles. L’idée d’un centre d’expertise refit surface lors de ces échanges. Lors des ateliers, les participants ont énuméré un certain nombre de problématiques et d'enjeux sur lesquels cette instance pourrait travailler, dont :
- l’appropriation des technologies de l’information;
- l’accessibilité et « l’affordabilité » (les coûts);
- les connaissances;
- le matériel;
- les logiciels;
- les contenus;
- la formation;
- la recherche & développement (R&D);
- la diffusion;
- etc.
Communautique, de concert avec plusieurs partenaires du milieu associatif des personnes ayant des limitations fonctionnelles, a donc résolu de poser une première pierre à l’édifice. Ainsi, fin 2009 et début 2010, il a mis sur pied un comité de travail pour alimenter la démarche et a affecté une ressource humaine à l’exploration et à la mise en place de conditions préalables à la création d’un centre d’expertise francophone sur l’inclusion numérique.
Au terme de cet exercice et sur la base des résultats des diverses réflexions menées, le Centre de recherche et d’expérimentation sur l’inclusion numérique est né. Incorporé en juillet 2009, cet organisme a pour mission de favoriser l’inclusion numérique des personnes ayant des limitations fonctionnelles.

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